Haîti, in extemis une exposition saisissante au Musée de la civilisation
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Haîti, in extemis une exposition saisissante au Musée de la civilisation

6 novembre 2013

Haïti, in extremis
Une exposition saisissante!


Entrer dans l’exposition Haïti, in extremis présentée au Musée de la civilisation à Québec, c’est laisser derrière soi les images de catastrophes naturelles amalgamées à la pauvreté et aux problèmes politiques que cette île évoque pour faire place à des artistes engagés et à leurs créations empreintes d’une culture où la vie et la mort s’entremêlent dans une dérision désarmante. Une exposition bouleversante à tous les égards, présentée du 6 novembre 2013 au 17 août 2014! Adaptée par le Musée de la civilisation d’après une idée du Fowler Museum à UCLA (University of California, Los Angeles). 

Le directeur général des Musées de la civilisation, M. Michel Côté, s’est dit enthousiaste de faire découvrir un aspect méconnu de la perle des Caraïbes, grâce à l’avenue inusitée de l’art. « Cette exposition est extrêmement forte par son propos et par ses œuvres. Le visiteur est véritablement happé par la muséographie et est saisi par la puissance qui se dégage des créations des artistes haïtiens, véritables passeurs d’une culture vivante encore trop peu connue. Cette exposition ne peut nous laisser indifférents : elle nous déstabilise, nous bouscule, nous touche, nous surprend... bref, elle joue son rôle. » 

Le ministre de la Culture et des Communications, M. Maka Kotto, a fait valoir que « cette initiative du Musée de la civilisation a l’audace d’utiliser l’art contemporain du 21e siècle pour révéler la culture haïtienne dans ce qu’elle a de plus fort. L’exposition dévoile l’art haïtien en dehors de tous stéréotypes et est une démonstration éclatante que la création s’avère essentielle à la vie. Qui continue de créer ne meurt jamais vraiment ».
La ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable de la Charte de la langue française, Mme Diane De Courcy, a pour sa part indiqué : « L’offre culturelle québécoise s’enrichit depuis des décennies de talents venus d’ailleurs et une exposition de cette qualité nous rappelle à nouveau toute la vitalité, la profondeur et la richesse de l’art haïtien. Je salue l’initiative du Musée de la civilisation d’avoir adapté pour le Québec cette exposition fascinante, et d’y avoir inclus les œuvres d’artistes québécois d’origine haïtienne qui l’enrichiront très certainement de leur regard particulier et de leur talent » a-t-elle ajouté.

Des œuvres et des artistes percutants
À l’intérieur d’une muséographie finement déployée en spirale, près d’une centaine d’œuvres d’art contemporain haïtien réalisées par une quarantaine d'artistes nous plonge au cœur d’un univers insoupçonné. Les Gede, ces esprits divins vodou incarnant autant la mort, par des crânes ou des ossements, que la vie par des attributs sexuels mâles démesurés, sont prédominants et inspirent des œuvres aux médiums variés : textile, peinture, sculpture, techniques mixtes et multimédias. En s’attardant aux textes, on comprend rapidement que dans la culture haïtienne, la vie et la mort sont imbriquées l’une dans l’autre : Il n’y a pas de mort sans la vie, il n’y a pas de vie sans la mort, a écrit le sculpteur André Eugène. Même la matière a droit à une deuxième vie car plusieurs pièces sont faites à partir de matériaux de récupération. 

Autour des artistes établis que sont Mario Benjamin, Maksaens Denis, Frantz Zéphirin, émergent ceux de la nouvelle décennie, comme Mirlande Constant ou David Boyer et tous ceux du collectif Atis Rezistans (artistes résistants), plus connus sous le nom « Les artistes de la Grand Rue », en référence à la rue principale du centre-ville de Port-au-Prince. Cet endroit est un véritable labyrinthe, à la fois lieu de vie et lieu de création avec, à portée de main, tout le matériel de récupération souhaité. Les artistes André Eugène, Jean Hérard Céleur et Frantz Jacques dit Guyodo, en furent les initiateurs. Ils ont été rejoints par Jean Claude Saintilus, Alphonse Jean Junior, dit Papa Da, Jean Baptiste Gétho et d’autres artistes du voisinage. 

La principale motivation de tous ces créateurs est de rendre l’art pertinent et accessible au plus grand nombre par le biais de l’ironie de l’humour. Travaillant principalement avec de vieilles pièces d’automobiles, des fournitures médicales, des appareils électroniques envoyés au rebut et, à l’occasion, avec des ossements, ils sculptent leurs étonnantes visions des Iwa, des œuvres souvent très sexualisées et parfois controversées représentant particulièrement Bawon Samdi et les esprits Gede. 

On peut voir leur environnement et entendre leur démarche de création grâce à une courte vidéo de Leah Gordon. Cette même cinéaste dévoile également tout l’aspect de la jeune relève et de la transmission du savoir de ces Atis Rezistans dans une autre production vidéo qui témoigne des ateliers offerts à des enfants, les Ti Moun Rezistans, qui trouvent dans leur pratique artistique un sens à leur vie et un moyen de subsistance.

De Port-au-Prince à Montréal : Manuel Matthieu, Marie-Hélène Cauvin et Killy
L’occasion de présenter le travail artistique de trois artistes québécois d’origine haïtienne était incontournable pour le Musée de la civilisation. Manuel Mattieu a prêté une tête de poupée vodou surdimensionnée intitulée Spooky. Il s’agit aussi d’un masque, que porte l’artiste dans divers contextes. Par le biais de ce projet évolutif, Manuel Mathieu examine son héritage culturel et les stéréotypes qui l’accompagnent. De son côté, l’œuvre de la peintre et graveuse Marie-Hélène Cauvin traite de la jeunesse, de la violence et de la rudesse des conditions de vie en Haïti tout comme le peintre et sculpteur Patrick Ganthier, dit Killy qui aborde des thèmes comme l’impermanence et « la réalité de l’homme solitaire, tragique et douloureux », reflet des conditions de vie précaires en Haïti. D’artistes de l’ombre, ils ont aujourd’hui, un rayonnement international prometteur.

Le dernier mot de l’exposition appartient à Bawon Samdi qui, dans l’œuvre lumineuse d’Edouard Duval-Carrié, se promène dans un paysage idyllique avec un sourire énigmatique. Simple au revoir ou un terrible adieu? Au visiteur de le déchiffrer...


Renseignements : 
Québec – Agnès Dufour, 418 528-2358; adufour@mcq.org
Montréal – Rosemonde Gingras, 514 458-8355; rosemonde@rosemondecommunications.com











Sources :   n.a.

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