La colonie retrouvée un nouveau pan d'histoire révélé!
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La colonie retrouvée un nouveau pan d'histoire révélé!

1 mai 2013

La colonie retrouvée
un nouveau pan d’histoire révélé!

En 2005, la découverte d’un tesson de faïence italienne, datant de la Renaissance, sur le promontoire du cap Rouge sème tout un émoi! Cet indice conduit à des fouilles archéologiques prouvant, hors de tout doute, de l’établissement de la toute première colonie française en Amérique au milieu du 16e siècle. L’exposition La colonie retrouvée, présentée au Musée de l’Amérique francophone, est l’occasion unique d’admirer cet artefact, ainsi qu’une centaine des plus significatifs mis au jour lors de ces fouilles. Une coréalisation de la Commission de la capitale nationale du Québec et des Musées de la civilisation. Une collaboration de l’Hôtel Château Laurier Québec, hôtel officiel du Musée de l’Amérique francophone. 

À l’intérieur d’une scénographie unique faisant volte-face aux classiques étalages d’objets archéologiques, les artefacts prennent vie et redessinent les frontières de notre histoire collective. L’établissement de cette première colonie au nord du Mexique a longtemps été considéré comme un échec retentissant, mais aujourd’hui, à la lumière des récentes recherches, il retrouve tout son lustre de premier jalon à l’implantation durable des Français sur ce territoire, quelque 60 ans avant celle de Champlain.

Le directeur général des Musées de la civilisation, M. Michel Côté, a souligné que « l’un des fondements du projet culturel, qui caractérise les Musées de la civilisation depuis 25 ans, est le souci constant de l’approfondissement des connaissances, ainsi que leur diffusion au plus grand nombre. Cette coréalisation cadre parfaitement avec ce fondement par le nouvel éclairage qu’elle porte sur une période cruciale, mais pourtant oubliée de notre histoire. On y découvre une véritable remise en question des versions historiques traditionnelles ». Monsieur Côté a aussi tenu à ajouter que « ce questionnement, on le doit à la persévérance et à la patience des archéologues et des chercheurs appuyés des experts du Centre de conservation du Québec. »

Pour sa part, la présidente et directrice générale de la Commission de la capitale nationale du Québec, Mme Françoise Mercure, s’est réjouie « de voir cette magnifique exposition qui se veut l’aboutissement logique de milliers d’heures consacrées à mettre en lumière cet épisode méconnu de notre histoire, après trois saisons de fouilles intensives sur le site et six ans de recherches menées par des experts issus de plus de 20 disciplines scientifiques. Pour la Commission, il était également primordial que les importantes avancées réalisées dans la compréhension du site archéologique du cap Rouge soient communiquées au grand public. » 
Raconte-moi une histoire... une NOUVELLE histoire
En entrant dans l’exposition, le visiteur est confronté à ce que les manuels et professeurs d’histoire ont toujours véhiculé : Jacques Cartier est un héros national! Au cours de ses deux voyages en 1534 et 1535, il a pris possession du territoire au nom du Roi de France, ce qui l’a consacré LE découvreur du Canada!

Mais pourquoi les historiens sont moins bavards sur le voyage de 1541, celui planifié pour bâtir un établissement durable en Canada? Car il y a bel et bien eu établissement sur le promontoire du cap Rouge, la terre en garde les traces et en a révélé l’existence en 2005 par le biais de la découverte d’un petit tesson de faïence italienne. 

Pour se mettre en contexte, on se transporte en pleine Renaissance avec son faste et... ses guerres de territoires! Comme l’Espagne et le Portugal, la France souhaite voir le sien s’agrandir et s’enrichir grâce au Nouveau Monde et, qui sait, découvrir le fameux passage vers l’Asie. Pour cela, il faut s’assurer d’une présence permanente en terre d’Amérique. À l’automne 1540, pour prendre les commandes de ce projet colonial d’envergure, le roi François 1er mandate officiellement Jean-François de La Rocque de Roberval, un officier militaire issu d’une famille noble, expert en fortifications. Quant à Jacques Cartier, il demeure au sein de l’expédition pour ses talents d’habile navigateur. 

En avançant dans l’exposition, une douche sonore plonge le visiteur dans la fébrilité de l’embarquement à Saint-Malo. Les bateaux de Cartier partiront au printemps 1541, mais ceux de Roberval seulement un an plus tard.

À son arrivée à Terre-Neuve à la mi-juin, une surprise de taille attend Roberval : il croise la flotte de Cartier en partance pour l’Europe! Le navigateur malouin s’empresse de l’informer de la détérioration des relations avec les autochtones et de lui montrer ses cales pleines de pierres et de métaux précieux trouvés dans les environs immédiats du fort. À l’examen, Roberval lui donne raison, mais il somme Cartier de rebrousser chemin. À la faveur de la nuit, ce dernier fuit avec ses cinq navires et rentre en Bretagne. 

Qu’à cela ne tienne! Avec les quelque 200 personnes qui ont fait la traversée, Roberval poursuit sa mission et s’installe sur le promontoire du cap Rouge où Cartier avait commencé à échafauder des bâtiments. Une aventure qui durera un peu plus d’un an, car, en 1543, la guerre ayant repris avec l’Espagne, maintenant alliée à l’Angleterre pour attaquer la France, le roi François 1er décide de mettre un terme à l’expérience coloniale en Canada. 

Des artefacts témoins de la vie sur le promontoire du cap Rouge
Hommes, femmes; nobles, roturiers, militaires, gens de métier et prisonniers, c’est une micro société française, avec toute la hiérarchie qui la caractérise, qui surgit en pleine forêt! Les artefacts trouvés sur le site témoignent éloquemment de cette vie. Tesson de verre, manches d’ustensiles, boutons plaqués d’argent, perles ornant des vêtements démontrent le rang de leur propriétaire, tandis que la surprenante découverte de fragments d’une cotte de mailles rappelle la présence militaire des soldats et un pion de jeu de dames et de trictrac, que les loisirs figuraient parmi les nombreuses occupations des colons.

On y trouve aussi des traces de troc avec les Amérindiens, puisque sous Roberval les relations se sont considérablement améliorées. Les Français offrent de petits objets comme des bagues et des hameçons pour obtenir probablement de la nourriture que les Amérindiens fournissent, comme en font foi les tessons de vases aux motifs amérindiens et les grains de maïs trouvés à l’intérieur de bâtiments construits par les Européens.

Un incendie volontaire ou accidentel?
L’épaisse couche d’incendie, mise au jour sur le site archéologique, prouve que les installations coloniales ont été détruites par le feu. Incendie volontaire ou accidentel, cela reste un mystère. Bien qu’il ait entraîné la ruine de l’établissement, le feu a aussi permis la préservation, parfois miraculeuse, de plusieurs témoins du passage des colons au cap Rouge.

Plus de 6 000 artefacts mis au jour
Les recherches menées sur le site archéologique Cartier-Roberval ont permis d’exhumer plus de 6 000 artefacts. Cependant, l’usage de plusieurs centaines d’entre eux reste inconnu puisqu’ils sont souvent trop fragmentés pour en reconnaître la forme. De plus, bien des objets manquent à l’appel des archéologues; au premier chef, toute la culture matérielle associée aux gens ordinaires. En somme, si les recherches ont permis de documenter comme jamais auparavant la vie menée dans la colonie, elles ont également mis en évidence de nombreux objets fantômes, inexpliqués ou absents. 

La rumeur dorée, une publication complémentaire
Sous la plume de l’historien Bernard Allaire, la publication La rumeur dorée. Roberval et l’Amérique brosse un portrait détaillé de Jean-François de La Rocque de Roberval et du contexte dans lequel ce personnage important et méconnu a présidé aux destinées de la première colonie française d’Amérique. Coéditée par la Commission de la capitale nationale du Québec et les Éditions La Presse, cette publication est en vente aux boutiques du Musée de l’Amérique francophone et du Musée de la civilisation au coût de : 34,95 $.

Une visite au site archéologique Cartier-Roberval au mois d’août
Pour compléter l’expérience muséale, le site du cap Rouge sera accessible, en compagnie d’un archéologue, pendant tout le mois d’août, officiellement proclamé le Mois de l’archéologie. Pour découvrir les dessous de l’aventure archéologique, les étapes de restauration des artefacts, comme la passion qui a animé les professionnels sur le projet depuis 8 ans, visitez www.mcq.org/colonie

L’exposition La colonie retrouvée au Musée de l’Amérique francophone, un pan d’histoire fascinant enfin révélé à découvrir absolument!

Renseignements : 418 643-2158 / 1 866 710-8031

Relations de presse
National : Agnès Dufour, 418 528-2358, adufour@mcq.org















Sources :   n.a.

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